Rentrer dans les situations plutôt que parler sur les situations. Voilà le mot d’ordre des méthodes d’action qui visent à sortir des raisonnements « extérieurs » et généralisants qui nous conduisent souvent dans des impasses. Elles nous permettent de changer notre façon de faire en entreprise et à changer la configuration « assis en train de parler autour d’une table ».

Pourquoi les méthodes d’action ?

Le recours aux méthodes d’action est une chose qui pourrait être banale, si elles n’allaient, aujourd’hui, à l’encontre d’habitudes ancrées. C’est-à-dire se mettre autour d’une table dès que nous avons un problème à résoudre avec l’idée que « ça suffit » pour venir à bout des difficultés. L’expérience montre à chacun que ce n’est pas si simple. Dès lors, pour justifier de franchir le pas de « s’y mettre », quelques cas de figure, à titre d’exemple, sont particulièrement propices à la mise en oeuvre des méthodes d’action:

  • Les méthodes traditionnelles de réflexion collective n’ont rien donné: ça patine, ça tourne en rond, avec un sentiment d’immobilisme ou d’impuissance;
  • Plusieurs parties restent fermement campées dans leur position, de sorte que, là encore, la situation n’évolue pas;
  • La complexité de la situation fait que l’équipe est dans un sentiment de flou, de brouillard, d’imbroglio.

Pour qui a déjà pratiqué, les méthodes d’action sont une voie naturelle de résolution de problème, de constitution d’une équipe, de lancement d’un projet, de définition des rôles dans une équipe.

Pour qui n’a jamais pratiqué, c’est d’abord l’occasion de faire autrement, notamment en face de situations qui peuvent sembler inextricables.

Définition : les méthodes d’action : c’est quoi ?

Dans méthodes d’action, il y a méthodes et, en effet, il s’agit bien d’une façon d’une manière d’aborder les situations. Des méthodes conçues par le psychologue américain, Jacob Levy Moreno (article Wikipedia), et fondées sur la pratique théâtrale. Ces méthodes sont utilisées aujourd’hui aussi bien en entreprise que pour les particuliers.

Ces méthodes ressemblent à bien des égards à d’autres techniques de réflexion collectives ou individuelles, utilisées par les coaches et animateurs. En effet, l’intelligence collective est devenu un sujet banal et répandu, qui fait l’objet de nombreuses approches. Cependant, les méthodes d’action ont de spécifique, moins d’être des exercices particuliers que d’obéir à… une méthode !

Quatre phases

Cette méthode peut se décrire en quatre phases :

  • L’échauffement : il importe d’acclimater les participants, à la fois au lieu, à l’animateur, à la thématique, au groupe… Rien ne se fait à froid, ainsi qu’on le sait pour l’activité physique.
  • L’action : c’est le moment où les participants s’engagent pour vivre la situation plutôt qu’en parler. Ce peut être une mise en situation façon théâtrale, mais aussi un temps de réflexion où l’on s’efforcera toujours de mettre en mouvement, de lever les participants de leur chaise, ne serait-ce que pour aller coller un post-it sur un mur.
  • Le partage : un temps qu’on pourrait appeler la récolte tant c’est à ce moment que l’essentiel, souvent, advient. À la fois sur le plan du contenu mais aussi de la forme car c’est là que chacun peut constater ce qui le relie aux autres.
  • La mise en perspective : le temps où se pose la question « Que faisons-nous de tout ça ? »

Concrètement, ce n’est donc pas l’action qui caractérise les méthodes d’action – tant, je le répète, cela peut ressembler à d’autres techniques d’animation – que la dynamique dans laquelle cette action prend place.

Quelques exemples d’action

Citons tout de même, pour fixer les idées, des actions possibles :

  • La « sociométrie » ou l’art de faire réfléchir avec les pieds. Plutôt que de s’exprimer sur un sujet sur une échelle de 0 à 10, par exemple, les participants vont se positionner dans l’espace qui leur est dévolu. L’engagement corporel, le fait que le « vote » soit alors visible au yeux de tous, changent tout.
  • L’atome social et l’atome culturel, deux techniques qui permettent de matérialiser, avec des objets ou à l’aide des participants, les relations avec des parties prenantes ou le rôle de la personne ou l’équipe considérée.
  • Le sociodrame, ou la mise en scène d’une problématique pour faire émerger à la fois la vision de l’équipe sur le sujet et les possibilités d’évolution.
  • Le psychodrame ou la mise en scène de la situation d’une personne.
  • etc.

Les méthodes d’action : où, quand et comment ça se passe ?

Il n’y a pas de forme particulière: les méthodes d’action peuvent se mettre en pratique à l’occasion d’un rendez-vous individuel court, ou bien d’un séminaire de plusieurs jours avec une équipe.

La seule contrainte est d’avoir un espace suffisamment grand pour que les participants puissent évoluer et, idéalement, qu’il y ait dans cet espace une zone qui puisse être réservée à la « scène », c’est-à-dire à l’action et une autre à la réflexion.

Toutefois, pour des personnes ou des équipes qui ne sont pas familières avec les méthodes d’action, un temps d’acclimatation est nécessaire qui suppose un temps minimum d’intervention du facilitateur. Lequel temps est aussi proportionnel aux ambitions de l’opération. Transformer radicalement une équipe ne peut se faire à l’occasion d’un atelier d’une heure et demie.

L’expérience montre toutefois que les gens sont en général très réceptifs à l’utilisation des méthodes d’action, par la nouveauté qu’elles introduisent dans leur pratique, par la possibilité qu’elles leur donnent de bouger et de se lever de leur chaise.

Les méthodes d’action : combien ça coûte, combien ça prend de temps ?

Difficile de parler de coût et de temps pour des pratiques qui peuvent se faire aussi bien lors d’un atelier que dans un séminaire ou dans la durée. Tout dépend, nous l’avons dit, de l’ambition.

Le coût est proportionnel à la mobilisation de l’animateur. En général, disons néanmoins que ces méthodes nécessitent relativement peu de préparation, à part la compréhension du besoin. Le bon animateur est celui qui sait tirer parti de la situation présente plutôt que d’apporter un protocole sophistiqué préparé à l’avance.

À qui faire appel pour animer des méthodes d’action ?

À ma connaissance, il y a assez peu d’animateurs en France. Je me suis moi-même formé à l’ODEF en Suisse, auprès de Norbert Apter et des spécialistes qu’il a sollicités en Roumanie, Angleterre, Norvège, Allemagne et… aucun en France ! Dire que je n’en connais pas, ne signifie pas qu’il n’y en a pas.

L’important est, comme à l’accoutumée, de mesurer la compréhension de votre problématique par l’animateur, du lien que vous arriverez à nouer avec lui (et réciproquement).

Dans tous les cas, une bonne façon de commencer votre recherche est… de me contacter ! Je mets ces méthodes en application dans mes séminaires, Oser le conflit ou le voyage héroïque.

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