L’idée la plus répandue est de faire appel à un coach quand quelque chose ne va pas. Ainsi tel manager qui a eu d’abord du mal d’accepter la proposition de coaching faite par sa hiérarchie, parce qu’il avait le sentiment qu’elle révélait un reproche caché : « Nous te faisons suivre un coaching parce que tu n’es pas à la hauteur. »

Sans écarter cette possibilité, il y a d’autres raisons de proposer un coaching à un collaborateur ; et aussi d’en demander un pour soi-même.

Voyons cette question et celles qui sont connexes : pourquoi, comment, combien, etc.

Pourquoi un coaching ?

Et pourquoi pas, serais-je tenté de rétorquer ?! Car, au fond, les bénéfices potentiels d’un coaching sont assez clairs pour tout le monde : progresser, éclairer des zones aveugles de son propre comportement, dépasser ses limites, apprendre de nouvelles façons d’être face aux difficultés. Et pourtant les freins sont puissants. À commencer par l’idée « qu’on peut se débrouiller tout seul ». Comme s’il y avait une espèce d’infamie à se faire accompagner. Vieux réflexe d’enfant qui veut que sa nounou lui lâche la main. Mais nous ne sommes plus des enfants et un coach n’est pas une nounou.

C’est d’ailleurs souvent un enjeu des accompagnements : permettre à la personne d’accepter de demander de l’aide. C’est-à-dire à dépasser le jugement d’autrui pour oser dire ses manques, ses difficultés, ses lacunes.

Autre frein : l’idée que beaucoup se font de ce qu’est le coaching – l’objet du paragraphe suivant – à commencer par l’idée que c’est un peu comme une thérapie, c’est-à-dire un peu « honteux ». Ce qui, à mon avis, révèle un autre a priori sur la thérapie.

Qu’il suffise de faire le parallèle avec un guide auquel vous feriez appel pour visiter une ville inconnue ou mal connue. Ce guide, c’est un peu un luxe auquel vous vous donnez droit pour profiter pleinement de votre séjour. Cette ville, c’est vous : s’offrir un coaching, c’est se donner l’occasion de jouir plus pleinement de qui nous sommes et se découvrir en profondeur, plutôt que de se cantonner aux endroits superficiels signalés par les guides touristiques.

Un coaching : c’est quoi ?

Un coaching, c’est d’abord une décision, ce qui est la moitié du chemin puisqu’il s’agit alors de tourner son regard vers soi. Au fond, on peut dire qu’une grande partie du travail est faite puisque la personne a levé tous les freins dont nous parlions ci-dessus.

Là encore, les représentations sont telles que nous pouvons commencer par dire ce que le coaching n’est pas :

  • Le coaching n’est pas du mentorat : le coach ne sait pas mieux que vous comment faire votre métier ni comment manager des personnes.
  • Le coaching n’est pas du conseil : le coach ne vous dit pas quoi faire, ou alors de façon anecdotique parce qu’il a une expérience particulière et qu’il vous en fait profiter.
  • Le coaching n’est pas une thérapie : bien qu’il puisse s’en rapprocher, il se fait dans un cadre tel qu’il n’est pas possible d’aller dans la profondeur requise pour une thérapie.

Si ce n’est pas tout ça, alors qu’est-ce que c’est ?

Un coaching, c’est une personne qui vous accompagne sur un chemin de transformation. Son rôle est essentiellement de vous faire des feedbacks, à l’occasion d’échanges ou de mises en situation qu’elle vous propose.

Elle vous permet de fonctionner comme vous en avez l’habitude, mais dans un environnement sans non-dits. Souvent votre entourage retient ses remarques sur votre comportement : le coach rend visible ce qui ne l’est pas, dans un climat de bienveillance. Ce processus vous permet des prises de conscience de qui vous êtes et comment vous agissez et cette simple prise de conscience suffit la plupart du temps à vous faire évoluer.

Où, quand et comment ça se passe ?

Un coaching se fait en général sous forme de rendez-vous réguliers, plus ou moins espacés, au nombre de l’ordre de 6 à 12, même s’il y a des coachings plus longs (voire qui s’éternisent).

La forme précise se négocie avec le professionnel.

Le coaching se déroule de préférence hors de l’entreprise, dans un lieu neutre. L’essentiel est que vous vous sentiez en confiance. Changer, c’est sortir de ses habitudes, à commencer par les habitudes « géographiques ». En principe, le coach vous propose un lieu pour vous recevoir.

Le processus commence et se termine par une réunion avec votre manager, voire avec la DRH de votre entreprise : c’est la réunion tripartite (ou quadripartite dans le second cas).

Elle a deux objectifs :

  • Elle permet au départ de s’entendre sur les objectifs que l’entreprise – par la voix de votre manager – vous fixe et, à l’arrivée, de mesurer le chemin accompli.
  • Elle permet de fixer les modalités par lesquelles l’entreprise va vous apporter du soutien dans ce processus.

Certains coaches préconisent une réunion tri- ou quadripartite au milieu du coaching, systématiquement ou en cas de besoin, pour recaler les objectifs qui peuvent avoir évolués.

Les réunions de coaching elles-mêmes se passent dans une stricte confidentialité. Le coach n’a pas à rapporter à qui que ce soit – sauf à la justice en cas de crime – ce qui se passe pendant les séances, ni ce que vous avez dit.

C’est la raison pour laquelle un coach ne peut pas accepter, au moins simultanément, deux missions avec deux personnes proches l’une de l’autre dans l’entreprise : par exemple un manager et l’un de ses subordonnés.

D’une façon générale, un coach obéit à un cadre déontologique tel que celui qu’on peut trouver sur le site de la Société française de coaching.

Combien ça coûte, combien ça prend de temps ?

Six à douze séances ai-je dit plus haut, parfois plus. Dans tous les cas, la durée est fixée au départ puis renégociée éventuellement en cours de route, si de nouveaux objectifs apparaissent. Chaque séance dure entre une et trois heures, en fonction des méthodes du professionnel.

Le prix est en général un prix horaire. Les « coachings de vie », qui désignent des coachings payés par la personne sur ses propres deniers, sont les moins onéreux et de l’ordre de 150 euros l’heure. Les coachings payés par l’entreprise coûtent entre 300 et 500 euros de l’heure, en fonction du professionnel et du niveau de la personne coachée. Bien sûr, certains professionnels se situent en dehors de ces fourchettes indicatives.

À qui faire appel pour un coaching ?

Il y a deux critères importants pour choisir un coach :

  • Qu’il soit suffisamment « confortable »
  • Qu’il ne soit pas trop « confortable »

Suffisamment confortable, c’est-à-dire qui vous inspire confiance et dont vous sentez qu’il saura instaurer la confiance. Selon votre sensibilité, vous chercherez un coach plus ou moins « maternant », qui prenne en compte les difficultés des personnes et qui soit respectueux de chacun. Et selon ce qui vous importe, vous vérifierez ses références, ses diplômes, voire son expérience et sa « vie d’avant ». Les métiers que le coach a exercés avant de faire de l’accompagnement, sont souvent le terreau sur lequel il a cultivé sa pratique.

Pas trop confortable, parce qu’il s’agit de changer et qu’il faut un peu bousculer les habitudes. Personne ne change sans traverser une période d’inconfort et personne ne traverse une telle période sans manifester de résistance.

Dans tous les cas, une bonne façon de commencer votre recherche est… de me contacter !

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