Conflit et violence…

Cette page s’adresse à vous si, personnellement

  • Vous détestez le conflit, voire vous l’évitez le plus possible
  • Vous souffrez en silence de ne pouvoir faire entendre votre voix
  • Vous ruminez mais, en situation, vous ne parvenez pas à dire son fait à votre interlocuteur

Ou, au contraire, si

  • Vous perdez votre sang froid dans les moments de tension
  • Vous vous sentez habités par une forme de violence

Enfin, elle s’adresse à vous, en tant que responsable si

  • Vos équipes sont soumises à de grandes tensions avec des disputes
  • Ou, à l’inverse, avec des non-dits, des rumeurs, des bruits de couloir.

Aborder la problématique du conflit

Aborder votre situation sous l’angle du conflit, c’est

  • Établir un diagnostic
  • Établir un cadre
  • Identifier les blocages
  • Libérer la parole

Établir un diagnostic

En situation de conflit ouvert, les choses sont relativement simples. Certes l’éventuelle brutalité de la situation peut être pénible à vivre mais, au moins, les choses sont sur la table, visibles. Même si, bien souvent, les motifs évoqués ne sont pas toujours les motifs réels. Il y a du conflit latent sous le conflit apparent.

En cas de conflit latent, en revanche, il est souvent difficile d’évaluer la gravité de la situation. Est-ce qu’on ne voit rien parce que tout va bien? Voire, tout a l’air d’aller merveilleusement? En effet les conflits latents grandissent parfois dans des groupes où règne une « bonne ambiance ». Au nom de cette bonne ambiance, parfois, les personnes renoncent à exprimer leur mécontentement, leur frustration, leur perceptions des dysfonctionnements. Quelque chose s’accumule alors qui peut devenir explosif à terme.

Il importe donc, avec toute action qui pourrait s’avérer inappropriée d’établir un diagnostic et d’évaluer le taux de tension.

Voir par exemple l’article sur le prix du silence, l’impact du non-dit sur les organisations.

 

Établir un cadre

Dès qu’on aborde le conflit ou sa possibilité, le cadre est primordial. Il protège les personnes; il libère les potentialités. C’est la loi qui nous permet de faire société; ce sont les règles du jeu, la présence de l’arbitre et les limites qu’il impose qui permettent notamment aux adeptes de sports de combat ou même de compétition de pleinement exploiter leurs capacités et déployer leur talent. 

Sans cadre, la violence est toujours possible et peut toujours avenir. C’est le cadre qui contient la violence. Mais un cadre n’est véritablement tel que s’il est partagé, compris, intégré. Autrement dit s’il est explicite et non implicite.

Plus le taux de tension est élevé, plus le cadre importe.

Le cadre inclut le fait que chacun prenne sa part de responsabilité et n’attende pas que les autres règlent les problèmes à sa place. Exemple avec l’article sur la souffrance du technicien.

 

Identifier les blocages

C’est le point central d’où émane finalement toute violence: l’impossibilité de résoudre le conflit de manière saine, c’est-à-dire par des ajustements obtenus par négociation, discussion. 

À titre individuel, les blocages se situent souvent en dehors du champ de la situation, ce qui les rend difficile à voir. Souvent dans notre passé. Notre réaction à la situation du moment s’explique ainsi moins par la réalité de la situation que par ce qu’elle réveille en nous.

Une possibilité est donnée à chacun d’explorer ces zones d’ombre qui contiennent les raisons de nos sur-réactions. Par le travail sur soi, l’observation attentive de nos comportements. C’est d’ailleurs l’objet de mon séminaire « Oser le conflit ».

Collectivement, on ne pourra pas, ou pas toujours, demander ce travail à chacun: une telle démarche n’est d’ailleurs productive que si elle est librement consentie.

Cependant, un premier pas très important est, non pas de se débarrasser de ses propres blocages (comme si c’était possible de devenir parfait et parfaitement libre!), mais simplement d’en prendre conscience. Prendre conscience même simplement que nous avons des blocages sans nécessairement savoir lesquels.

C’est ici que je suis le plus bavard: je parle aussi de Charles Rojzman, auprès de qui je me suis formé, dans l’article « Permettre les conflits, éviter la violence« , mais aussi de la peur, réflexe sain et naturel sauf s’il nous inhibe complètement dans « La peur aplatit le monde« 

Libérer la parole

Après quoi, il est finalement assez facile de « résoudre » les conflits. C’est l’objet de nombreuses techniques qui reposent toutes plus ou moins sur le partage des représentations et l’exposé de ses motifs. Ceci directement ou avec l’aide de tiers, tels des médiateurs.

Les choses se compliquent néanmoins singulièrement quand il y a conflit sur conflit, voire conflit de loyauté. Le livre et le film tiré de celui-ci, Saint-Germain ou la négociation, illustrent bien ce principe. L’intrigue se passe en 1570 au moment de la paix de Saint-Germain a été négociée entre catholiques et protestants (une paix qui ne devait que peu durer puisqu’en 1572 eut lieu la fameuse et sanglante nuit de la Saint-Barthélémy). Francis Walder, auteur du livre que je vous recommande et prix Goncourt 1958, use de cet épisode mal connu historiquement pour parler de son métier de diplomate. Où l’on voit donc que, pour les négociateurs, la complexité n’est pas dans la discussion avec les parties adverses mais dans faire accepter les concessions à leurs mandants, en l’occurrence le roi Charles IX (avec Catherine de Médicis) et l’amiral de Coligny. 

La lecture de cet ouvrage formidable engage à renoncer à la perfection des sorties de conflit et même à éradiquer le conflit. Parfois, le conflit doit subsister dans le temps, de façon supportable pour chacune des parties.

Outre la lecture de cet ouvrage, je peux vous proposer la lecture sur le partage des représentations. Mais aussi sur ce que j’ai appris auprès de Daniel Cortesi, à l’institut Epoke, sur la violence, parce que nous avons aussi à apprivoiser cette violence qui peut surgir malgré tout, y compris de nous-mêmes: la violence des situations bancales.

Contactez-moi pour en parler et pour parler de vos propres situations!

Quelques articles sur le conflit

La peur aplatit le monde

Comment empêcher la peur de nous empêcher Peur des conflits, peur du noir, peur de l'avenir, peur des autres... Les peurs sont nombreuses, mais aussi utiles. Si je n'ai pas au moins un peu peur de traverser la route, je risque par insouciance de ne pas regarder...

lire plus

Permettre les conflits, éviter la violence

Sortir de la violence par le conflit [1] est un ouvrage de Charles Rojzman, inventeur de la thérapie sociale et qui parcourt le monde pour créer, là où c'est le plus nécessaire, une "vraie fraternité": au Rwanda, en Israël-Palestine, dans les banlieues, en Amérique du...

lire plus

Nier la violence, c’est encore de la violence

"Non, pas de violence chez nous ! Ici, tout va bien, on s’entend bien et quand on a des choses à se dire, on se les dit. — Refrain connu. C’est chez les autres et pas chez nous. Qui fait écho à la citation de Freud, dans Malaise dans la civilisation: «Il est toujours...

lire plus

Traverser de fructueux conflits

Voir la formation Oser le conflit Certaines équipes vont bien, travaillent dans une bonne ambiance ; certaines autres vivent des tensions, sont emmêlées dans des conflits de personnes. Difficile pourtant de dire si la bonne ou la mauvaise entente est un signe...

lire plus

La violence des situations bancales

Disons tout de suite dans quel sens nous employons ici le terme de violence. Il n'y a pas de violence dans l'absolu, seulement une ou des violences subies. Une petite tape peut être innocente ou humiliante selon les circonstances. Même un direct du droit est un acte...

lire plus

Contacter Laurent Quivogne