Angoisse fondamentale de l’être humain pour certains, vaine recherche pour d’autres, nul n’échappe vraiment à la quête de sens, ce besoin d’avoir une raison de vivre, à moins d’échapper au questionnement par la plongée dans l’action, dans les plaisirs, dans une fuite en avant. Il n’est pas de vie saine à qui n’a pas regardé la question en face, même sans y répondre.

La quête de sens, un des fondamentaux de l’existence

Irvin Yalom, le grand psychothérapeute américain, a défini dans son ouvrage majeur – Psychothérapie existentielle – les quatre piliers de l’angoisse existentielle: la finitude – ou la hantise des choses qui finissent, à commencer par notre propre existence –, la solitude – celle, inéluctable, qui fait qu’une part de nous ne peut pas être partagée –, la liberté – ou le fait que nous sommes fatalement responsables de notre destin, ne fut-ce qu’en partie – et la quête de sens…

La quête de sens ou la confrontation à l’absurdité du monde et la difficulté et toutes nos entreprises à vouloir trouver une raison à notre présence sur terre.

Naturellement, ces quatre piliers ne sont pas séparés les uns des autres. L’absurde naît aussi que nous devions mourir, qu’une part de nous est irrémédiablement seule.

Mais, son signe distinctif est sans doute le « À quoi bon? » que la quête de sens inspire à certains d’entre nous.

La raison de vivre ou l’ultime défense

Dans son livre « Donner un sens à sa vie, avec la logothérapie« , Victor Frankl raconte ses trois années d’internement dans les camps de concentration. Récit dur où il livre ses observations de ses semblables et de lui-même dans des conditions extrêmes où la vie semble n’avoir plus aucun sens du tout, tant l’arbitraire régnait alors sur l’existence de chacun.

Il en est revenu avec la conviction qu’avoir une raison de vivre est un facteur déterminant pour la survie dans de telles conditions.

Une raison de vivre qui peut prendre – selon la théorie qu’il a développée suite à cela – trois formes:

  1. Quelque chose à accomplir: une oeuvre à achever par exemple
  2. Une expérience à vivre, une rencontre à faire: retrouver une personne qu’on aime par exemple
  3. Une attitude face à une situation difficile, telle que faire face avec dignité dans une situation de souffrance inéluctable

C’est ainsi qu’une raison de vivre peut être transitoire: si l’oeuvre est achevée, si la personne ou notre relation avec elle disparaît, si la souffrance diminue ou s’en va…

Comment trouver une raison de vivre?

Trouver une raison de vivre est donc important, sinon pour apaiser l’angoisse de la quête de sens, mais pour mieux vivre et même pour vivre tout simplement dans certaines circonstances. Ces circonstances pouvant être de diverses natures, ainsi celles qui poussent des milliers de personnes à mettre fin à leur jour, y compris dans un pays tel que le nôtre, sans guerre ni camp de concentration.

Mais, évidemment, si la raison de vivre nous fait défaut, il est difficile de surmonter le manque: comment trouver une raison de vivre, quand on n’en a pas? C’est un peu l’oeuf et la poule car, si j’en ai une, je ne me pose guère la question, laquelle question devient aiguë si je n’en ai pas.

Je crains que la question n’ait pas de réponse évidente et universelle. Frankl donne néanmoins un élément qui m’a frappé et que j’ai retrouvé dans un autre livre, Le Chemin de l’homme, de Martin Buber, ouvrage spirituel sur la doctrine hassidique mais dont le propos peut être repris par tous, quelles que soient leurs croyances. La raison de vivre se trouve à l’intérieur de soi; mais elle est toujours dirigée vers l’extérieur de soi. C’est dire que sa recherche mêle une part d’introspection mais aussi une part d’oubli de soi.

Ce que Martin Buber énonce par: « Commencer par soi, mais non finir par soi; se prendre pour point de départ, mais non pour but; se connaître, mais non se préoccuper de soi. »

Il n’est pas d’accompagnement qui ne comprenne une part de ces questions en toile de fond. L’existentiel est toujours, de façon plus ou moins explicite, plus ou moins assumée, à la fois le moteur et ce qui influence nos actions. Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à le partager, à en apprendre plus sur ma pratique et sur mon offre sur le coaching, ou tout simplement à me contacter.