Le coaching humaniste, et plus généralement l’accompagnement humaniste, est une forme de coaching qui s’appuie sur la responsabilité de la personne plutôt que sur une éventuelle expertise du coach. La démarche invite à la fois le praticien et son client, à se décentrer des problèmes rencontrés, si urgents ou cruciaux soient-ils, pour se poser la question de « qu’est-ce qui est en train de se passer? »

Un ami me confie que son beau-fils est coach, mais qu’il n’a pas de clients. Il ajoute que, lorsqu’il l’interroge ce dernier sur ce qu’il fait pour obtenir des clients, il répond qu’il ne fait rien mais que les clients arriveront naturellement quand il sera prêt. Le fait qu’il n’ait pas de clients à l’heure actuelle signifie donc simplement qu’il n’est pas prêt.

L’univers y pourvoira

C’est au fond une façon d’envisager l’action dans un monde complexe: puisque les problématiques ne peuvent être exprimées simplement, disons en ce qu’on pourrait appeler un problème, alors il n’y a pas de solution simple (« S’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème », disaient déjà les Shadoks de Jacques Rouxel voici 50 ans). S’il n’y a pas de solution simple, alors il suffit d’attendre que les choses se résolvent d’elles-mêmes. Est apparue ainsi dans la foulée une sorte d’entité tierce, qu’on appelait Dieu ou esprit jusque là, et qu’on appelle maintenant « L’univers ». Il suffit de demander à L’univers et L’univers y pourvoira.

Mon expérience est que ce point de vue est efficace pour le confort intellectuel – au moins pendant un moment – mais pas toujours pour l’efficacité. Je ne dis cependant pas qu’il est sans fondement. Je voudrais ici raconter l’histoire, très connue, de cet homme pieux qui prie Dieu chaque jour, en lui demandant de le faire gagner à la loterie nationale. Il le fait avec tant d’application qu’à un moment, Dieu finit par s’adresser à lui en lui disant: « Ecoute, je veux bien te faire jouer à la loterie, mais joue au moins! »

En effet, tout ne repose pas sur nos épaules. L’agriculteur ne tire pas sur les tiges de ses épis de blés. Il ne pollinise pas ses plantes (du moins pas encore). Il faut néanmoins qu’il sème, arrose, soigne et laisse la nature faire le reste, avant de récolter, ce qui n’est pas forcément la moindre des difficultés.

On peut donc dire que le travail est réparti entre nous et ce fameux univers qu’on pourrait tout aussi bien appeler « le reste du monde » ou, comme en Gestalt (ma discipline), « l’environnement ».

Le coaching humaniste: l’être humain et son environnement

Toute la question, pour chacun d’entre nous, est donc de savoir comment se situer par rapport à son environnement, quelle place prendre dans l’univers (sans majuscule cette fois, si on cesse de lui supposer une volonté propre). Ce qu’en jargon, on appelle « l’être au monde ». Il s’agit moins de se connaître dans l’absolu, de savoir mes forces, mes faiblesses, mes appétits, mes dégoûts, bref qui je suis, que de savoir comment « danser » avec l’univers. Cette danse, comme toute danse en couple, implique la responsabilité de chacun. Certes, l’autre peut avoir tendance à me marcher sur les pieds, ou bien résister, ou bien encore vouloir m’imposer sa volonté. Mais, quoi qu’il en soit, j’ai ma part dans l’affaire. Par exemple acheter un ticket de loterie si je veux emporter le gros lot. Ça ne me fera pas gagner mais ne pas le faire m’empêchera à coup sûr de toucher le pactole. Ou encore faire savoir au monde qu’on est disposé à recevoir des clients. Ça ne les fera pas arriver en meute – surtout si, en effet, on n’est pas prêt – mais laisser le monde dans l’ignorance de qui je suis, de ce que je veux offrir, de ce qui, en vérité, est attractif chez moi est aussi un moyen sûr de laisser ces clients loin de moi.

C’est là le point central de la voie humaniste, en particulier le coaching humaniste: se décentrer du problème pour se centrer sur la personne pour se centrer sur la personne dans son environnement, sans rentrer dans les distinctions entre les différents courant à l’intérieur du mouvement humaniste.

Le chartier embourbé

Ainsi dans la fable de la Fontaine, le chartier embourbé, qui narre l’histoire d’un conducteur de chariot de foin tombé dans l’ornière et qui prie les dieux de le sortir de là. Une voix se fait entendre qui ne va rien faire sinon l’encourager à faire ce qu’il savait devoir faire: dégager les essieux, combler l’ornière, casser le caillou qui bloquait la roue. Après quoi, nulle n’était plus besoin du secours des cieux, les chevaux purent tirer le chariot et continuer le chemin.

C’est du dernier vers de cette fable que vient le célèbre proverbe « Aide-toi, le ciel t’aidera ».

Le coach est encore moins que cette voix dans le ciel; il ne sait rien de l’essieu, du caillou ou de la boue qui’l y a dans l’ornière. Il sait seulement que l’homme sait.

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