L’un des enjeux de l’accompagnement, en particulier le coaching mais aussi la psychothérapie ou même le conseil, est de trouver des appuis. C’est-à-dire identifier des points de repères, tout comme un navigateur a besoin de repères – on dit dans le langage marin, des amers (voir mon article sur le sujet: un amer) – pour faire le point et suivre sa route.

Bâtir sur du roc, plutôt que sur du sable

C’est une parole fort ancienne, que l’on retrouve même dans la Bible: il faut construire sa maison sur du roc, plutôt que sur du sable. Dans la religion, bien sûr, la divinité est ce roc. Quelle que soit la croyance de chacun et quelle que soit la manière qu’il a de fonder – au sens de mettre des fondations – à son existence, il est aussi nécessaire de trouver des appuis dans ses entreprises.

Les différents types d’accompagnement ont pour important objet d’établir et d’identifier ces appuis, depuis les appuis dans la superstructure jusque dans les tréfonds. Cela correspond à un degré d’intimité avec l’accompagnant. Au plus profond, on trouve les accompagnements spirituels et thérapeutiques (tout le monde n’inscrit pas son existence dans une spiritualité reconnue). Irvin Yalom, par exemple, célèbre psychothérapeute américain, qui est l’auteur du remarqué « Psychothérapie existentielle, s’inscrit dans cette volonté d’accompagner ses clients (ou patients selon le vocable que chacun choisira) jusque dans le sens donné à l’existence et la confrontation aux données existentielles telles que la finitude, la solitude, etc.

Cela ne rend pas des travaux plus superficiels – au sens plus près de la surface – moins utiles. Obtenir un conseil d’un expert est une façon d’obtenir des appuis. Par exemple, des informations sur une réglementation, ou sur une procédure de certification, ou encore sur la manière de conduire tel projet spécifiques sont des repères précieux.

Cependant, comme dans une construction, un appui en surface sera sans efficacité si le terrain sous-jacent est instable et les fondations mal établies. Les enjeux des différents types d’accompagnements – et les démarches que ces accompagnements soutiennent – se complètent donc plus qu’ils ne s’opposent.

Des certitudes?

Faire donc que le sol ne se dérobe pas sous nos pas. Pour éviter les chausse-trapes, les pièges, les effondrements, l’engloutissement, bref, pour éviter la chute. Ces appuis nous donnent de la sécurité et nous évitent une laborieuse marche à tâtons, tel l’explorateur s’aventurant au milieu des sables mouvants.

S’agit-il pourtant de certitudes, par opposition à l’incertain d’un sol instable?

J’ai nommé ça, dans mon ouvrage « Se nourrir de l’incertitude pour entreprendre« , des quasi-certitudes. C’est-à-dire non pas des certitudes intangibles mais des appuis suffisamment sûrs pour s’appuyer dessus.

La différence semble ténue et pourtant:

  • La certitude est figée, intangible.
  • La quasi-certitude est au contraire dynamique, susceptible d’être remise en question.

Pour revenir à la métaphore du bâtiment, la certitude est du côté des constructeurs peu scrupuleux qui érigent des maisons au mépris des risques sismiques ou d’inondation, au prétexte que « ça n’arrive » jamais.

Comment trouver ces appuis?

Mais la question est souvent davantage de transformer de la peur, du doute, bref de l’incertitude en appui; ou de trouver dans l’incertitude quelques appuis, des repères.

C’est ici que le travail purement cognitif trouve très souvent ses limites. Les peurs, les doutes sont ancrés en nous et ce n’est guère par la raison qu’on les chasse. La meilleure illustration est celle d’un enfant pris de terreur dans la nuit parce que, dit-il, « il y a une bête dans la chambre ». Ce ne sont guère les arguments des parents qui le rassurent. Ce sont d’avantage leur présence, la lumière qu’ils ont allumée, la voix. Autrement dit, leur présence corporelle.

De même le travail sur les appuis passe avec profit par un travail corporel. Un travail sur la posture d’abord. Prenez-vous même, dans les situations un peu tendues – pas trop tendues parce qu’alors vous n’avez plus la disponibilité d’esprit suffisante pour l’expérience – le temps d’apprécier la différence suivant comment vous vous tenez. Notamment quand vous prenez conscience de vos appuis, au sol et sur la chaise, et que vous cherchez une position stable, à l’instar d’un pratiquant d’arts martiaux.

Ce travail corporel se prolonge sur les plans émotionnels et imaginaires, avant de revenir éventuellement au cognitif. Selon comment je me tiens, mon état d’esprit n’est pas le même. C’est donc en explorant avec minutie ces différences, souvent subtiles au départ que, peu à peu, je trouve des appuis, dans toutes les modalités de mon être, corporelle, émotionnelle et mentale.

L’accompagnement, c’est d’abord l’attention portée par le professionnel à ce processus de recherche: contactez-moi pour en parler. Vous pouvez également télécharger un extrait gratuit de mon ouvrage sur l’incertitude.