Le dirigeant se trouve dans une position singulière, qui ne ressemble à celle d’aucun autre collaborateur de l’entreprise. Au-dessus de lui, il n’y a personne. Personne à qui rendre des comptes, certes, mais aussi personne vers qui se tourner, personne pour servir de parapluie ou de protection. Il ne s’agit pas seulement des PDG ou des numéros 1, mais de toute personne en responsabilité sur un périmètre donné avec un mandat de délégation sur ce territoire: le conseil de direction s’adresse à cette position singulière.

Il se distingue du coaching de dirigeant qui vise une demande de transformation. Le conseil de direction est d’abord suscité par la solitude inhérente à toute situation de pouvoir.

Pourquoi faire appel à un conseil de direction ?

Avant de définir le terme qui est vague, mal défini et surtout employé de nombreuses manières, ciblons d’abord les raisons qui font qu’un dirigeant va chercher, en dehors de son giron habituel, l’assistance d’un conseil de direction.

Vincent (dont j’ai changé le prénom), ancien numéro trois d’un grand groupe français en dit lui-même quelque chose.

« Sur certains sujets, je ne pouvais m’en remettre à mon équipe rapprochée, si fidèle et compétente soit-elle. Car cette équipe était composée de personnes qui avaient la culture de l’entreprise, qui la connaissait bien et qui, de fait, ne pouvaient plus penser en dehors de cette culture. J’avais besoin d’un quelqu’un qui pense différemment.

Je cherche des gens qui viennent me bousculer, qui aient une liberté de jugement et qui puissent me contredire. En interne, il y a des enjeux de carrière, de situation. La personne extérieure peut prendre ces risques. »

Transparaît ici le fait que le dirigeant est seul et que, sur certains plans, ses collaborateurs habituels ne peuvent pas venir le soutenir – ou le contrecarrer, ce qui est une autre façon de le soutenir.

Pour quels besoins ?

Vincent, cité ci-dessus, prétend que tout professionnel a trois dimensions : le créatif, l’expert, le gestionnaire. Chacun d’entre nous a sa dimension privilégiée, où il excelle tandis que les autres dimensions vont être plus difficiles pour lui, quand elles ne vont pas le rebuter. Dans cette représentation, le dirigeant a besoin d’un ou plusieurs partenaires qui le rééquilibrent. Ce qui est une autre façon de considérer qu’il lui faut sortir de la solitude (voir également Pourquoi un dirigeant est-il inévitablement confronté à la solitude ?).

Nous ne parlons pas d’une solitude « sociale », qui ferait que le dirigeant est seul comme peut l’être un ermite ; il s’agit d’une solitude existentielle car sa position singulière le sépare de son entourage. C’est là que le conseil de direction apporte son bénéfice.

Une mission de conseil de direction, c’est quoi ?

Une mission de conseil de direction se mène au travers d’entretiens en face à face. Durant ces entretiens, les situations rencontrées par le dirigeant sont évoquées. Le conseil de direction qui, rappelons-le, n’est pas un expert, ne va pas dire ce qu’il faut faire, mais plutôt questionner le dirigeant sur ce qu’il compte faire. Avec de la curiosité et de la constance dans le questionnement.

Il va ainsi être attentif à la personne autant qu’au contenu du discours. Non seulement ce que dit le dirigeant, mais comment il le dit. En tant que conseil, je vais m’interroger ce que je vois et de ce que j’entends et en rendre compte afin de permettre au dirigeant d’entendre l’écho de ses propres réflexions et de son propre cheminement, ce qui va l’aider à cheminer dans ses prises de décisions.

Où, quand et comment ça se passe ?

Où et quand, peu importe : il faut que ce soit dans la discrétion. Pas forcément une discrétion d’alcôve mais permettre simplement un vrai face à face. Le comment, nous l’avons dit, par des entretiens réguliers, non parce que les circonstances l’exigent mais parce qu’il s’agit de nouer une relation de confiance et que la régularité est un facteur très important. Il faut « s’apprivoiser » l’un l’autre et se rencontrer de façon irrégulière nuit au processus.

Combien de temps, combien ça coûte ?

Je suis incapable de répondre avec précision à ces deux questions !

Combien de temps : autant que de besoin et autant qu’il y a de la fraîcheur dans la relation. Un conseiller trop bien installé va devenir comme les collaborateurs : baigné dans la culture et il aura alors perdu sa capacité à penser librement.

À qui faire appel pour un conseil de direction ?

Jean Baudrillard, que je cite approximativement, disait qu’en tant qu’homme, on se questionne souvent assez vainement sur le fait de savoir si on préfère les femmes blondes ou les femmes brunes ; on réalité, on va vers celle qui est là. C’est une façon de dire que les rencontres n’obéissent pas toujours à des grilles d’évaluation et à des critères qu’on imagine a priori. Or une mission de conseil de direction procède toujours d’abord d’une rencontre.

C’est pourquoi je vous propose de me contacter pour nous exposer à une première rencontre, dans l’incertitude de ce qu’il en sortira.

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