Ou plutôt, la Gestalt, c’est quoi pour moi? Mon propos n’est pas de donner une définition académique de cette discipline. Le lecteur curieux trouvera plus bas quelques liens pour en savoir plus. L’exercice consiste ici à en donner ma vision personnelle, sur le mode de la métaphore tant il est difficile d’attraper par des mots ce qui relève de l’expérience. Comment décrire, par exemple, l’expérience amoureuse à qui ne l’a jamais vécu? Or, il s’agit bien de cela: une expérience relationnelle entre un praticien et son ou ses clients, que ce soit à des fins thérapeutiques ou de coaching. Pas une relation amoureuse, bien entendu, qui serait en dehors du cadre déontologique, mais une relation de soutien qui vise au déploiement de la personne accompagnée.

Filons la métaphore. Mon fils pratique le cerf-volant depuis qu’il est enfant. À l’époque, j’ai eu quelques fois à m’occuper de son engin alors que les fils s’étaient emmêlés (maintenant, il se débrouille!) Un gros paquet bleu, jaune, rouge et vert, un embrouillamini des quatre fils de son cerf-volant. Voilà d’abord qui figure avec force les « noeuds » que nous portons en nous, qui figent notre comportement et nous empêchent de nous élever dans les airs, au point parfois de faire de nous des oiseaux à terre, tels l’Albatros de Baudelaire. Au contraire d’une constitution libre et déliée qui nous permet de nous mouvoir avec liberté.

Je me souviens ainsi, assis sur une chaise au soleil, m’être attelé, je dois dire avec plaisir malgré l’apparent caractère rébarbatif de la tâche, à dénouer un à un les noeuds que l’accident et la maladresse initiales avaient causés, aggravés par les tentatives maladroites de démêlage, impatience et colère ayant parachevé le désastre. En l’occurrence, un paquet complexe de boucles et de noeuds, impossible à concevoir dans sa globalité, rendant vaine toute tentative de « plan d’action ».

Alors: suivre un fil; le premier qui se présente et dénouer la première boucle; surtout ne pas forcer mais observer la pelote en expérimentant de minuscules mouvements. Surtout, rester concentré, ne pas perdre de vue le fil suivi, être tout entier dans l’attention et l’observation. Faire preuve de délicatesse. Jusqu’à la fin pour éviter la formation d’un noeud invisible qui fragilise le fil. Étaler soigneusement les parties démêlées afin d’éviter qu’elles ne s’emmêlent à nouveau.

Ainsi du travail du praticien, faire avec ce qui est présent, prendre le temps de l’observation et de « déplier » la situation, selon le jargon, ce qui signifie examiner en profondeur. Être en présence avec le client avec délicatesse et prendre grand soin de la relation. Suivre le fil. Démêler la situation. Boucle après boucle, en fonction de ce qui se présente.

Sur la Gestalt-Thérapie:
Site des associations de Gestalt en France
Site de l’École parisienne de Gestalt