« Consternation » nous dit-on, dans les rangs de l’opposition, après que le Premier ministre et la ministre de l’Éducation nationale se sont prononcés en faveur de l’enseignement de l’improvisation théâtrale. J’ai écrit dans le billet – Le latin, le grec et même les maths, à quoi ça sert ? – le bien que je pense de l’enseignement du latin, du grec et même des mathématiques, non à cause de leur utilité immédiate, souvent difficile à expliquer à des élèves, mais pour l’ouverture d’esprit, la préparation à rencontrer des situations nouvelles, la diversité de pensées que ces matières peuvent induire dans l’esprit des élèves.

Or, s’il est une discipline qui apprend à affronter la nouveauté, avec tout ce qu’elle contient d’incertitude, c’est bien l’improvisation qui s’appuie, d’après moi, sur 4 piliers:

1/ La présence: c’est-à-dire l’écoute, la vigilance, l’ouverture à ce qui se passe autour de soi; un improvisateur ne peut agir qu’en se nourrissant de ce que lui donne son environnement.

2/ L’accueil: c’est-à-dire accepter les situations telles qu’elles sont plutôt qu’être dans le déni, ouvrir les yeux sur ce qui est.

3/ L’engagement: c’est-à-dire mobiliser son énergie, être pleinement dans l’action mais aussi s’engager dans le respect des règles et du cadre donné.

4/ Construire: c’est-à-dire, même et surtout en situation de rivalité, agir pour nourrir la situation, avoir le souci constant d’apporter sa pierre à l’édifice.

À ce qu’il me semble, c’est un beau programme de savoir-être et ce ne serait pas du luxe ni du temps perdu pour préparer nos enfants à construire le monde de demain, qui sera forcément nouveau, forcément inattendu.

Ce que répondent à cela les esprits chagrin n’est ni du latin, ni de l’improvisation, mais de la belle langue de bois, parfaitement rodée et mille fois entendue.